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Comprendre l’écaillage de peintures sur des volets en bois

Identifier l’origine des défaillances d’un système de peinture pour orienter les réparations.

Problématique 

Écaillage généralisé moins de dix ans après la mise en peinture

Expertise mobilisée

Surfaces & Interfaces

Durée de mission

NC

LE CAS EN BREF :
5 hypothèses

Examinées au démarrage de l’expertise

3 volets

Prélevés, face exposée et face contre le mur

µIRTF · MEB

Analyse des couches et des interfaces bois-peinture

Origine mécanique

Mécanisme de défaillance privilégié

La situation de départ

Un écaillage généralisé, sur des volets anciens comme neufs

Une résidence située dans le Sud-Ouest présente un écaillage généralisé des peintures sur ses volets en bois : des volets anciens rénovés (décapés, poncés puis repeints) et des volets neufs mis en peinture lors des travaux.

Moins de dix ans après leur mise en œuvre, les revêtements se dégradent sur l’ensemble des volets concernés, notamment sur les faces exposées aux intempéries lorsque les volets sont ouverts. Le maître d’œuvre et les parties impliquées dans le chantier sollicitent Technacol pour expertiser les systèmes bois-peinture.

Les désordres touchant aussi bien des volets rénovés que des volets neufs, l’analyse devait dépasser la seule question de l’état initial du bois.

Ce qui était en jeu

Réparer sans reproduire les mêmes désordres

La rupture du film de peinture peut créer des voies de pénétration pour l’eau : le bois absorbe l’humidité, gonfle puis se rétracte, ce qui accentue les fissurations.

Sans identification du mécanisme de défaillance, une remise en peinture risque de reproduire les mêmes désordres.

L’expertise devait apporter des éléments objectifs pour :

  • comprendre l’origine des fissurations et de l’écaillage
  • vérifier la nature et l’état des couches de peinture
  • rechercher d’éventuels polluants dans le bois
  • apprécier la possibilité de conserver les volets
  • orienter les opérations de réparation
Notre approche

Confronter les observations sur site aux analyses matériaux

01

Inspection sur site et prélèvements.

Une visite d’expertise a permis de constater l’écaillage et de prélever des échantillons sur trois volets défaillants : deux volets anciens rénovés et un volet neuf. Pour chacun, la face exposée aux intempéries et la face située contre le mur ont été distinguées.

Les faces exposées à l'extérieur lorsque les volets sont ouverts présentaient une dégradation plus importante que les faces protégées contre le mur.

02

Analyse infrarouge des couches de peinture.

La microspectrophotométrie infrarouge à transformée de Fourier a permis d’identifier la composition chimique de chaque couche (liants et charges minérales), de comparer les couches entre elles et de rechercher des indices de dégradation chimique. Les observations microscopiques ont permis de mesurer les épaisseurs et d’examiner l’organisation des couches sur le bois.

µIRTF • Microscopie

03

Microscopie électronique et microanalyse X

Ces techniques ont permis d’observer la structure des interfaces bois-peinture, d’examiner les éléments chimiques présents et de rechercher notamment des traces de plomb dans le bois.

MEB • Microanalyse X

Le croisement de ces moyens a permis de confronter la composition des revêtements à leur état réel et aux désordres observés.

RÉSULTATS OBTENUS

Des défaillances principalement mécaniques

Les cinq hypothèses de départ, confrontées aux analyses

Ce que les observations et les analyses ont permis d’établir

HYPOTHÈSECONCLUSIONCE QU'ONT MONTRÉ LES ANALYSES
Dégradation chimique ou vieillissement du filmNon mis en évidencePas de dégradation chimique significative ni de dégradation attribuable ni de dégradation attribuable au vieillissement climatique. Les faibles oxydations se situent dans les couches superficielles.
Contamination du support (résidus de décapage)Non mis en évidenceAucun polluant particulier détecté dans le bois.
Traitements anciens au plombNon mis en évidenceAucune trace de traitement au plomb retrouvée
Adhérence insuffisanteNon mis en évidenceBonne adhésion apparente des couches entre elles et au support en bois.
Déformations du bois sous l'effet des variations climatiquesPrivilégiéeLes observations et les analyses conduisent à privilégier une origine mécanique des désordres.

Composition

Un même liant, des systèmes de peinture hétérogènes

Un liant glycérophtalique a été identifié dans toutes les couches examinées. Les charges minérales comprennent du carbonate de calcium et du dioxyde de titane, ainsi que du talc dans certaines couches.

Constitution des couches

Des différences entre volets et entre faces
  • nombre de couches appliquées variable
  • épaisseurs de couches hétérogènes
  • composition variable en charges minérales
  • absence, sur certaines faces, de la couche blanche de bouche-pores attendue
Le mécanisme de défaillance identifié 
1

Variations climatiques

Variations de la teneur en eau du bois

2

Mouvements du bois

Gonflements et rétractations du support

3

Fissuration du film

Le film de peinture, sollicité, se fissure puis se rompt

4

Pénétration de l’eau

Les ruptures deviennent des voies préférentielles vers le bois

La pénétration de l’eau amplifie à son tour les variations dimensionnelles du support.

Facteur aggravant : l’absence de la couche de bouche-pores sur certaines faces a vraisemblablement contribué à la pénétration de l’eau. Cette couche est destinée à imprégner le bois et à participer à sa protection.

Le diagnostic ne met pas en évidence une perte d’adhérence généralisée ni une dégradation chimique du revêtement, mais un mécanisme de rupture mécanique associé aux mouvements du bois et à la protection incomplète de certaines surfaces.

CONCLUSION DE L'ÉTUDE

Orienter les réparations sur la cause réelle

 

  • L’adhésion apparente satisfaisante des couches évite d’attribuer systématiquement l’écaillage à un défaut d’adhérence.
  • La caractérisation montre que les couches appliquées ne sont pas homogènes d’un volet à l’autre et que le bouche-pores n’est pas présent sur toutes les faces.
  • La réflexion sur les réparations s’oriente vers l’état du bois, sa protection contre l’humidité et la constitution du système de peinture.
  • La question de la réutilisation des volets est documentée, avec des éléments techniques partagés entre les parties impliquées dans le chantier.

L’expertise ne constitue pas un plan de réparation détaillé ni une validation de chaque volet : l’état de chaque menuiserie doit rester pris en compte dans la décision de conservation ou de remplacement.

CE QUE CETTE ÉTUDE MONTRE
L’observation d’un écaillage ne suffit pas à conclure à un défaut d’adhérence ou à une dégradation chimique.

Pour comprendre une défaillance de peinture, il faut caractériser conjointement le revêtement et son support : la composition des couches, leurs épaisseurs et leur interaction avec le bois permettent de différencier les mécanismes possibles. Cette démarche fournit une base technique pour orienter les réparations et éviter de traiter uniquement le symptôme visible.

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